Les 5 et 6 octobre 2026, l’Institut de Ciències del Mar (ICM-CSIC) et l’Observatoire Océanologique de Banyuls-sur-Mer (OOB) se sont réunis pour leur 8ᵉ rencontre biennale, consacrée à la thématique des microbes marins.

À cette occasion, Bernat Ibars a présenté les travaux liés à son mémoire de fin de licence à l’ICM-CSIC, encadré par Ramiro Logares, intitulés :
« Marine microbes on the rise over two decades: potential invasions in the NW Mediterranean? »
Des espèces en hausse, mais une origine difficile à établir
Si l’introduction d’espèces non-indigènes est bien documentée en Méditerranée pour la faune et la flore, la dynamique des populations microbiennes sur le long terme reste encore peu explorée. En effet, déterminer si un microbe est véritablement non-indigène est un défi : son aire d’origine est souvent difficile à établir avec certitude.
Grâce à l’analyse de 20 ans de données issues de l’observatoire microbiologique de la baie de Blanes (BBMO), cette étude cherche à identifier les microorganismes dont l’abondance augmente de manière significative.
Ce qu’il faut retenir de l’étude :
- Moins de 5 % des taxons analysés montrent une augmentation significative sur 20 ans.
- L’analyse a permis d’isoler 91 taxons (répartis en 35 genres) à surveiller de près. Parmi eux, 13 genres sont confirmés par plusieurs jeux de données et méthodes statistiques.
- Une grande partie des signaux de hausse provient de la lignée SAR11.
- Une augmentation d’abondance ne signifie pas forcément qu’il s’agit d’une espèce non-indigène : elle peut aussi refléter une modification de la répartition géographique, un recrutement depuis la biosphère rare locale ou encore la détection d’espèces jusqu’alors indétectables.
Une petite poignée de microbes marins est clairement en expansion en Méditerranée nord-occidentale. Ces organismes deviennent une priorité pour les recherches futures, afin de mieux comprendre si ces hausses traduisent l’arrivée de nouvelles espèces ou des réponses écologiques globales.







